Des dépositions montrent que des employés de TikTok ont alerté à plusieurs reprises sur des risques pour la sécurité des enfants, selon NPR
Des dépositions versées au dossier d'un tribunal en mars 2026 montrent que des employés de TikTok ont exprimé des inquiétudes concernant l'exploitation sexuelle de mineurs et les contenus liés au suicide, et qu'ils étaient frustrés par la réponse de la direction, selon NPR et The Verge.
Des employés de TikTok ont averti à plusieurs reprises l'entreprise des risques que l'application présentait pour les enfants, selon des documents judiciaires obtenus par NPR. Leurs inquiétudes portaient notamment sur l'exploitation sexuelle de mineurs et l'exposition à des contenus liés au suicide.
The Verge a résumé les informations de NPR. Les deux articles s'appuient sur les mêmes documents. Les principales affirmations ci-dessous proviennent donc en grande partie d'une seule et même source. Les articles ne précisent pas si les détails supplémentaires donnés par The Verge proviennent de NPR. Aucune autre source indépendante ne les confirme.
Selon NPR, dont les informations sont résumées par The Verge, ces documents sont des dépositions d'employés de TikTok. Elles ont été versées au dossier d'un tribunal fédéral en mars 2026 et n'avaient pas été rapportées auparavant. Selon les deux médias, ces documents montrent que les employés étaient frustrés par la réponse de la direction.
Des employés ont alerté la direction sur le fait que des mineurs interagissaient avec des contenus sexuels ou y apparaissaient, rapportent les médias. Des employés ont également identifié des failles permettant aux utilisateurs de moins de 18 ans de contourner les restrictions d'âge. Selon NPR, ces failles permettaient aussi aux mineurs de bloquer le contrôle parental. NPR rapporte également que TikTok a évité de mener des enquêtes sur l'âge, car l'entreprise craignait de devoir en communiquer les résultats à la Commission fédérale du commerce des États-Unis.
Selon The Verge, les dépositions sont liées à un contentieux multidistrict engagé en 2022. Celui-ci regroupe des centaines de plaintes contre TikTok, Meta, Snap et Google.
The Verge rapporte que Reagen Maher a occupé des postes à responsabilité dans les domaines de la sécurité et des enquêtes chez TikTok de 2021 à 2024. Dans sa déposition, elle décrit avoir signalé des « contenus sexuels transactionnels » à V Pappas, alors PDG. Il s'agissait de mineurs se déshabillant sur la fonctionnalité Live de TikTok en échange de « cadeaux » convertibles en argent réel. Forbes a rendu compte de ce problème en 2022.
The Verge rapporte également qu'Eric Han, ancien responsable de la sécurité de TikTok, s'inquiétait en 2020 des « spirales » néfastes de l'algorithme. Dans un rapport interne, il évoquait un « véritable effet de contagion » concernant les « idées et comportements suicidaires ».
Ce qui est contesté
Les médias décrivent différemment l'aspect financier. NPR qualifie ces contenus de matériel « dont l'entreprise a tiré profit ». The Verge les décrit comme des contenus « dont l'entreprise pouvait tirer un bénéfice financier ».
Ce que dit chaque partie
Dans un extrait de messagerie interne cité par The Verge, Reagen Maher a écrit : « Je me bats depuis des mois pour que ce problème soit réglé, face à des personnes qui ne pensaient pas que les préjudices étaient suffisamment graves. » Elle a ajouté : « Pour faire simple, les hauts dirigeants sont au courant de ce problème. Des projets sont en cours pour en régler certains aspects et, franchement, j'espère [que] cet article donnera un coup d'accélérateur à d'autres solutions possibles. » Selon The Verge, elle a déclaré que l'entreprise était au courant de ces inquiétudes avant l'article de Forbes.
The Verge cite Eric Han, selon qui « la sécurité des mineurs est une question urgente que nous devons traiter efficacement ». Il a déclaré que TikTok n'avait pas averti les parents des dangers potentiels.
Les plaignants affirment que les quatre entreprises savaient que leurs plateformes nuisaient aux enfants et n'ont pas révélé ces risques, selon The Verge.
Les articles examinés par Vocemundi ne contiennent aucune réponse de TikTok, de V Pappas, de Meta, de Snap ou de Google. Ils ne précisent ni le tribunal ni l'affaire concernés, et ne décrivent pas les changements apportés par TikTok après que ces inquiétudes ont été exprimées.
Analyse
Les dépositions pourraient peser dans le contentieux multidistrict, dans lequel les plaignants soutiennent que les entreprises avaient connaissance des préjudices et ne les ont pas révélés. Leur poids dépendra de la manière dont un tribunal les évaluera parallèlement aux réponses des défendeurs, que les articles ne mentionnent pas. L'affirmation concernant les enquêtes sur l'âge pourrait susciter l'intérêt des régulateurs, mais les articles ne précisent pas si la Commission fédérale du commerce en a connaissance. Les principales affirmations sur les avertissements des employés proviennent en grande partie des informations de NPR. On ignore si le contexte judiciaire et les citations rapportés par The Verge proviennent également de NPR. Un accès public plus complet aux documents, ou une réaction de TikTok, pourrait renforcer, nuancer ou contredire ce récit. Différentes issues restent possibles.
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