La brume des feux de forêt indonésiens touche les pays voisins depuis un mois ; des experts voient des recours juridiques limités
La fumée des feux de forêt en Indonésie a provoqué la fermeture d'écoles et fait bondir les troubles respiratoires dans les pays voisins depuis environ un mois, tandis que des juristes cités par l'AFP estiment que les États touchés disposent de peu de voies de recours juridiques contre l'Indonésie.
La fumée des feux de forêt en Indonésie touche les pays voisins depuis environ un mois. Le Japan Times a qualifié l'épisode de « long d'un mois ». L'AFP, dans une dépêche publiée par Phys.org, a indiqué qu'il dure depuis « plus d'un mois ».
La brume a entraîné des fermetures d'écoles. Les troubles respiratoires ont fortement augmenté, et les deux médias les décrivent comme grimpant « en flèche ». Aucun ne donne de chiffres. Selon l'AFP, les pays touchés sont la Malaisie et Singapour.
Les articles ne précisent pas combien d'écoles ont fermé, où ni pour combien de temps. Ils ne donnent aucune mesure de la qualité de l'air. Ils n'indiquent pas non plus où brûlent les feux en Indonésie, quelle est leur ampleur ni quelle en est la cause.
Des voies juridiques limitées
Selon l'AFP, certains ont suggéré que la Malaisie et Singapour poursuivent l'Indonésie devant la Cour internationale de justice (CIJ). La dépêche ne précise pas qui a formulé ces suggestions ni si l'un ou l'autre gouvernement l'envisage.
L'AFP a rapporté que la CIJ ne peut connaître d'un différend que si les États concernés ont accepté sa compétence. Cela peut se faire par un compromis, par des déclarations compatibles ou par une clause conventionnelle. Selon l'AFP, aucun des trois pays n'est partie à la Convention de 1979 sur la pollution atmosphérique transfrontière à longue distance, un cadre centré sur l'Europe. Tous trois sont parties à l'Accord de l'ASEAN sur la pollution transfrontière par la brume de 2002. Ce traité est juridiquement contraignant, mais ses dispositions d'application sont limitées et il ne comporte aucune clause relative à un recours devant la CIJ.
Singapour a adopté en 2014 une loi sur la pollution transfrontière par la brume (Transboundary Haze Pollution Act), après que la pollution a atteint des niveaux dangereux en 2013, a rapporté l'AFP. Cette loi vise les entreprises dont les activités à l'étranger causent une brume nocive pour la santé à Singapour ou y contribuent. Un autre épisode de brume a suivi en 2015. Selon l'AFP, l'application de la loi dépendait de la coopération étrangère et du partage de cartes des points chauds. Elle s'est aussi heurtée à des droits fonciers qui se chevauchent et à la difficulté de recouvrer des amendes auprès d'entreprises sans présence à Singapour. Les enquêtes de Singapour visant quatre entreprises indonésiennes au sujet de la brume de 2015 restent ouvertes. Selon l'AFP, elles avaient provoqué des tensions diplomatiques avec Jakarta à l'époque.
Ce que dit chaque partie
Mohd Hazmi Mohd Rusli, de l'Universiti Sains Islam Malaysia, a été cité par l'AFP : « Le principal problème est la compétence, car la CIJ exige généralement le consentement des deux États. » Il a déclaré que l'accord de l'ASEAN ne prévoit pas « de mécanisme permettant à un État membre de simplement en poursuivre un autre ». Il est favorable à « une coopération renforcée au sein de l'ASEAN ».
Azam Hawari, de ClientEarth, a déclaré que des particuliers pourraient tenter de poursuivre des entreprises devant les tribunaux indonésiens. Il a dit n'avoir connaissance d'aucune affaire de ce type ayant abouti.
Alan Tan, de l'Université nationale de Singapour, a déclaré que Singapour attendra probablement que l'Indonésie identifie d'abord les entreprises. Sinon, a-t-il déclaré selon l'AFP, une action « apparaîtrait aux yeux des Indonésiens comme unilatérale ».
Les articles examinés par Vocemundi ne contiennent aucune déclaration des gouvernements indonésien, malaisien ou singapourien.
Analyse
Cet épisode met en lumière un décalage entre la portée transfrontalière de la brume et les outils disponibles pour y remédier. Les experts cités par l'AFP décrivent un traité régional dépourvu de mécanisme contentieux et une voie devant la CIJ qui dépend du consentement de l'Indonésie, ce que ces experts jugent improbable. Les pistes possibles incluent une coopération plus étroite au sein de l'ASEAN en matière de surveillance et d'application, des poursuites privées devant les tribunaux indonésiens ou un recours renouvelé à la loi singapourienne de 2014. Chacune se heurte à des obstacles liés aux preuves ou d'ordre politique. Beaucoup dépend de positions que les trois gouvernements n'ont pas exposées dans les articles examinés, ainsi que de la prise en compte ou non des causes des incendies.
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Sources (2) : The Japan Times · Phys.org
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