Manifestations en Albanie : les affrontements à Tirana entrent dans leur quatrième jour, Rama accuse des « mains étrangères »
Des manifestants menés par des étudiants, qui réclament la démission du Premier ministre Edi Rama, se sont heurtés à la police à Tirana pour le quatrième jour consécutif. Edi Rama a attribué les troubles à des forces étrangères non nommées, sans fournir de preuves dans les articles examinés par Voce
Des manifestants et la police se sont affrontés à Tirana vendredi, pour le quatrième jour consécutif. Des milliers de personnes ont manifesté dans la capitale albanaise. Elles réclament la démission du Premier ministre Edi Rama et protestent contre les mauvaises conditions dans les universités.
La police a utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau. Des manifestants ont lancé des pierres sur les forces de sécurité. Des bâtiments gouvernementaux, dont le ministère des Finances, ont été attaqués cette semaine. Selon un communiqué de la police, 160 personnes ont été interpellées jeudi pour des actes de violence. Al Jazeera a qualifié ces actes de violences présumées. Selon des informations de presse citées par France 24 et Al Jazeera, les manifestations se sont étendues à d'autres villes.
Vendredi, Edi Rama a imputé les troubles à des « mains étrangères » non nommées. Dans une vidéo, il a déclaré qu'il s'agit de « mains étrangères qui ne souhaitent pas que l'Albanie soit en paix ». Il a affirmé que la manifestation n'avait « absolument rien à voir avec les difficultés, les problèmes ou les aspirations légitimes de quiconque souhaite une vie meilleure ». Il a établi un lien entre les manifestations et la candidature de l'Albanie à l'Union européenne.
Ces troubles font suite à des mois de manifestations antigouvernementales. Celles-ci avaient été déclenchées à l'origine par un projet controversé de complexe touristique lié à la famille du président américain Donald Trump.
Selon France 24, le ministre de l'Intérieur, Ervin Demo, a déclaré que 156 personnes avaient été blessées ces derniers jours, dont 97 policiers. Il a indiqué qu'un usage excessif de la force par la police avait été constaté dans deux cas et que deux agents avaient été suspendus. Un journaliste de l'AFP a vu des groupes masqués briser des devantures et piller des magasins. Al Jazeera, citant des médias locaux, a fait état de manifestations à Elbasan, Shkodra et Korca. La chaîne a également rapporté que, pendant ces journées de troubles, des manifestants avaient mis le feu à plusieurs bâtiments à Tirana, dont les bureaux du Premier ministre.
Ce que dit chaque partie
Edi Rama a déclaré : « Tout cela est l'œuvre de la même main, la main qui tient l'opposition albanaise à la gorge », selon France 24. Al Jazeera l'a cité disant : « Ce n'est pas un phénomène étudiant. » Il a rejeté les appels à la démission, mais s'est dit prêt à discuter de la hausse des coûts de l'éducation, selon Al Jazeera. France 24 rapporte qu'Edi Rama accuse régulièrement les manifestants d'être manipulés par des intérêts étrangers, sans fournir de détails ni de preuves.
Dans un communiqué cité par France 24, Ervin Demo a qualifié les troubles de « tentative déguisée de ceux qui cherchent à s'emparer du pouvoir par la violence ».
Ledia, une lycéenne de 18 ans, a déclaré à l'AFP : « Nous ne sommes pas des criminels. Nous voulons simplement une vie meilleure pour nos parents et pour nous-mêmes. Nous ne voulons pas quitter l'Albanie. »
Ce que les articles ne contiennent pas
Les articles examinés par Vocemundi ne contiennent pas de preuves à l'appui de l'affirmation d'Edi Rama sur les « mains étrangères », et ils ne précisent pas qui il désigne. Ils ne contiennent pas de réponse de l'opposition ni aucune réaction de l'Union européenne.
Analyse
Selon les médias, les manifestations mêlent des griefs liés aux coûts de l'éducation et des revendications plus larges, tandis que le gouvernement les présente comme pilotées de l'extérieur. Les articles ne contiennent pas de preuves étayant ni l'affirmation d'une ingérence étrangère ni un lien entre les pilleurs masqués et les manifestants étudiants, ce qui laisse des questions essentielles en suspens. Une issue possible serait des discussions sur les coûts de l'éducation, auxquelles Edi Rama s'est dit ouvert. Une autre serait la poursuite de l'affrontement, avec une hausse du nombre d'interpellations et de blessés. L'effet des troubles sur la candidature de l'Albanie à l'UE est incertain, et les articles ne contiennent aucune réaction de Bruxelles.
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Sources (2) : France 24 · Al Jazeera
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