La CIJ rendra sa décision le 19 novembre dans l'affaire de génocide visant la Birmanie au sujet des Rohingyas
La Cour internationale de justice rendra sa décision le 19 novembre 2026 dans l'affaire accusant la Birmanie d'avoir commis un génocide contre les Rohingyas, une minorité musulmane.
La Cour internationale de justice (CIJ) rendra sa décision le 19 novembre 2026 dans l'affaire accusant la Birmanie de génocide contre les Rohingyas, une minorité musulmane.
La date a été annoncée le mardi 3 novembre 2026. Reuters attribue l'annonce à la Cour, tandis que The Hindu l'attribue à des responsables non nommés. Les articles consultés par Vocemundi ne contiennent pas le texte de l'annonce et ne nomment pas ces responsables.
Selon The Hindu, la Gambie a engagé cette procédure en vertu de la Convention des Nations unies sur le génocide de 1948, et les juges examinent ses accusations depuis sept ans. Le journal indique que la CIJ statue sur les différends entre pays et ne dispose d'aucun moyen de faire appliquer ses décisions.
The Hindu rapporte que la Cour a ordonné à la Birmanie en 2020 de « prendre toutes les mesures en son pouvoir pour prévenir la commission de tous les actes » décrits par la convention. Il rapporte également que les juges ont rejeté la contestation par la Birmanie de la compétence de la Cour, et que les deux pays se sont exprimés devant la Cour lors d'audiences en janvier 2026.
Selon The Hindu, une répression menée par l'armée birmane et des milices bouddhistes a contraint des centaines de milliers de Rohingyas à fuir vers le Bangladesh. Plus d'un million y vivent encore, dans ce que le journal décrit comme le plus grand camp de réfugiés au monde. Les articles ne contiennent ni bilan vérifié des morts ni les dates de la répression.
The Hindu indique qu'Aung San Suu Kyi, 81 ans, qui s'était exprimée devant la Cour en 2019 en tant que dirigeante civile de facto de la Birmanie, n'assistera pas au prononcé de la décision. Elle est assignée à résidence à Naypyidaw depuis qu'un coup d'État militaire l'a écartée du pouvoir en 2021.
Le journal fait également état de deux actions judiciaires liées. En 2024, le procureur de la Cour pénale internationale a demandé aux juges un mandat d'arrêt contre le chef de la junte birmane, Min Aung Hlaing, pour des crimes contre l'humanité présumés. Une affaire portant sur d'éventuels crimes contre les Rohingyas est également en cours en Argentine, en vertu du principe de compétence universelle.
Ce que dit chaque partie
- La Gambie : Elle affirme que la Birmanie a violé la Convention sur le génocide par sa répression des Rohingyas. Le ministre de la Justice, Dawda Jallow, a déclaré à la Cour en janvier : « Ils ont été pris pour cible en vue de leur destruction. »
- La Birmanie : Selon The Hindu, elle a toujours nié tout génocide. Elle soutient que ses actions visaient un soulèvement militaire d'insurgés, après des attaques ayant tué une douzaine de membres des forces de sécurité. Lors de l'audience de janvier, elle a qualifié les accusations de « non étayées ».
- Aung San Suu Kyi : Lors d'une audience en 2019, elle a déclaré qu'il n'y avait aucune « intention génocidaire » derrière la répression.
- Les Rohingyas qui ont fui au Bangladesh : Ils ont rapporté des récits de viols collectifs et d'exécutions de masse, selon The Hindu.
Les articles ne contiennent aucune réaction de la Birmanie, de la Gambie ou de représentants des Rohingyas à la date de la décision.
Analyse
L'effet concret de la décision est incertain. Selon The Hindu, la Cour ne dispose d'aucun moyen de faire appliquer ses décisions, de sorte que l'impact de toute issue pourrait dépendre de la réaction des États. Une conclusion défavorable à la Birmanie pourrait donner un poids juridique aux accusations de la Gambie, tandis qu'une conclusion favorable à la Birmanie pourrait conforter sa position selon laquelle les accusations ne sont pas étayées. Le raisonnement de la Cour pourrait aussi attirer l'attention au-delà de ce différend, car des experts juridiques guettent des indices sur la manière dont la Cour pourrait aborder l'affaire engagée par l'Afrique du Sud contre Israël. Aucune de ces issues ne peut être présumée avant le 19 novembre 2026.
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Sources (3) : Anadolu Agency · The Hindu · Reuters
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