La Thaïlande indique que des hommes ouïghours pourront contester en justice leur éventuel renvoi en Chine
Des responsables thaïlandais indiquent que le dossier de ces hommes serait examiné avant tout transfert, tandis que les informations divergent sur le nombre d'hommes concernés et sur la présentation ou non par la Chine d'une demande formelle d'extradition.
Des responsables thaïlandais ont indiqué que des hommes ouïghours détenus en Thaïlande pourraient contester en justice leur éventuel renvoi en Chine avant tout transfert, ont rapporté The Hindu et Reuters. Des inquiétudes ont été exprimées quant au risque que ces hommes soient torturés en cas de renvoi.
The Hindu a cité Chaipruak Doungprapat, chef du Conseil de sécurité nationale de la Thaïlande, qui a déclaré : « Mais si le tribunal se prononce contre eux, ils seront extradés conformément au traité. C'est la procédure judiciaire. » Il a précisé que son organisme ne déciderait pas de l'expulsion et que les hommes pourraient se défendre, selon le journal. Si le tribunal se prononce en leur faveur, a-t-il dit, ils pourraient être envoyés dans un autre pays pour y être réinstallés.
Ce qui est rapporté
Selon The Hindu, deux hommes, âgés de 26 et 35 ans, ont été libérés de prison fin octobre. Ils sont détenus au centre de rétention pour immigrés de Suan Plu, à Bangkok. Le journal indique qu'ils sont détenus en Thaïlande depuis plus de dix ans et qu'ils faisaient partie des plus de 300 Ouïghours placés en détention en 2014 près de la frontière malaisienne.
The Hindu indique que ces hommes ont écrit des lettres, rendues publiques la semaine dernière, dans lesquelles ils implorent de ne pas être renvoyés. Il précise que la Peace Rights Foundation, fondée par l'ancien parlementaire Kannavee Suebsang, les représente.
Selon The Hindu, la Thaïlande a envoyé en Turquie un groupe composé principalement de femmes et d'enfants parmi les personnes détenues en 2014. Elle en a expulsé 109 autres vers la Chine en 2015, ce qui a provoqué un tollé international. L'ambassade de Thaïlande en Turquie a été saccagée en signe de protestation. Le journal indique que la Thaïlande a renvoyé 40 hommes ouïghours en Chine en février 2025, malgré les appels de parlementaires thaïlandais et de responsables de l'ONU. Il ajoute que certains gouvernements occidentaux ont qualifié de génocide la répression menée par la Chine contre les Ouïghours.
Ce qui est contesté
- Nombre d'hommes : The Hindu évoque deux hommes et Reuters cinq. Les articles n'expliquent pas cet écart et ne précisent pas si les deux font partie des cinq.
- Demande d'extradition : Reuters fait état d'une demande d'extradition chinoise. The Hindu rapporte que Chaipruak a déclaré que la Chine devait présenter une demande formelle si elle souhaitait le retour de ces hommes. Il indique que la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning, ne s'est pas prononcée sur l'envoi éventuel d'une telle demande.
Ce que dit chaque partie
- Thaïlande : Un porte-parole du gouvernement, dont le nom n'est pas cité, a déclaré que cinq hommes pouvaient contester la demande en justice avant l'approbation de toute expulsion, selon Reuters.
- Chine : Mao a déclaré que la coopération contre les crimes transfrontaliers, y compris l'immigration illégale, est conforme aux lois des deux pays, au droit international et à la pratique internationale, selon The Hindu. Le journal indique que la Chine a qualifié de terroristes les membres du groupe détenu en 2014 et a constamment insisté pour obtenir leur retour.
- Les hommes : « Nous ne sommes pas terroristes », a écrit l'un d'eux dans une lettre partagée par Kannavee, selon The Hindu.
- Détracteurs : Des organisations de défense des droits humains affirment que ces hommes risquent la torture, selon Reuters. Sasinan Thamnithinan, parlementaire de l'opposition, a déclaré que le droit national et le droit international obligent la Thaïlande à ne renvoyer personne vers un pays où cette personne pourrait subir la torture ou un traitement inhumain, selon The Hindu.
Les articles n'identifient pas ces hommes, ne décrivent aucune accusation et ne nomment pas le tribunal. Vocemundi n'a consulté qu'un résumé de l'article de Reuters.
Analyse
Une procédure judiciaire ferait passer la décision des services de sécurité thaïlandais aux juges, mais son effet pratique reste incertain. Une décision favorable à ces hommes pourrait poser la question de leur réinstallation, et les articles n'identifient aucun pays susceptible de les accepter. Une décision défavorable pourrait conduire à leur extradition et à un regain d'attention critique, compte tenu des transferts de 2015 et de 2025. Beaucoup pourrait dépendre de détails que les articles laissent en suspens, notamment le nombre d'hommes concernés, la présentation ou non d'une demande formelle par la Chine et le fondement de celle-ci. L'affaire pourrait mettre à l'épreuve la manière dont la Thaïlande met en balance ses relations avec la Chine et les obligations juridiques invoquées par ses détracteurs.
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Sources (2) : The Hindu · Reuters
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