La coalition tchèque fait avancer un projet de loi visant à remplacer la redevance audiovisuelle par un financement sur le budget de l'État
Lors d'un rare vote de nuit, la coalition au pouvoir en Tchéquie a fait franchir une première étape parlementaire à un projet de suppression de la redevance audiovisuelle payée par les ménages, malgré des critiques selon lesquelles il pourrait affaiblir l'indépendance des médias publics.
La coalition au pouvoir en Tchéquie a fait franchir une première étape parlementaire à une réforme du financement des médias publics, lors d'un rare vote de nuit.
La réforme prévoit notamment de supprimer la redevance audiovisuelle de 205 couronnes (9,45 dollars) payée par les ménages. Elle serait remplacée par un financement sur le budget de l'État. Le projet de loi a avancé malgré des critiques selon lesquelles il pourrait affaiblir l'indépendance des médias publics.
Le gouvernement est dirigé par le Premier ministre Andrej Babis, un milliardaire. Il est soutenu par le parti d'extrême droite SPD. Le gouvernement a souvent critiqué la couverture de sa politique par les médias publics et privés, et a accusé certains médias de partialité.
Selon Al Jazeera, le vote a eu lieu aux premières heures de samedi et a renvoyé le projet de loi en commissions pour la suite de l'examen. Le SCMP a indiqué que la redevance est payée chaque mois.
Al Jazeera a rapporté que la proposition réduirait d'environ 15 % le financement de la Télévision tchèque et de la Radio tchèque, et maintiendrait le financement nominal inchangé pendant plusieurs années. Selon Al Jazeera, Andrej Babis, qui dirige un gouvernement de trois partis, avait promis de supprimer la redevance avant son entrée en fonction en décembre dernier.
Al Jazeera a également rapporté que des employés des médias publics ont fait grève contre cette mesure en juin. Des journalistes et d'autres membres du personnel ont annoncé une grève pour le 3 novembre. Un groupe citoyen a appelé à une manifestation publique dimanche.
Selon le SCMP, des critiques sont venues des médias audiovisuels, d'organisations internationales de journalistes et d'institutions, dont des universités et l'Église catholique. Al Jazeera a rapporté que les médias publics figurent parmi les sources d'information les plus fiables du pays aux yeux du public, et que la Télévision tchèque est la chaîne la plus regardée dans plusieurs tranches d'âge.
Ce que dit chaque camp
Le gouvernement affirme tenir une promesse faite aux électeurs, selon Al Jazeera. Andrej Babis affirme que le nouveau modèle serait plus juste pour les ménages les plus modestes et inciterait les médias à gagner en efficacité. Le SCMP a rapporté la position du gouvernement selon laquelle la suppression de la redevance allégera les dépenses des consommateurs.
Al Jazeera a cité Andrej Babis, qui a écrit vendredi en fin de soirée dans une publication sur Facebook : « Il n'y a pas de guerre pour des médias indépendants. Il n'y a pas de combat pour la démocratie et aucune nationalisation des médias n'est en préparation. »
Des employés des médias publics affirment que ce changement rendrait les médias audiovisuels vulnérables aux pressions du gouvernement, selon Al Jazeera. Des partis d'opposition ont comparé ces changements aux réformes menées en Hongrie sous l'ancien Premier ministre Viktor Orban. Selon le SCMP, Viktor Orban a supervisé une forte expansion des médias progouvernementaux en Hongrie.
Ce que les articles ne précisent pas
Les articles examinés par Vocemundi n'indiquent pas le décompte des voix et ne précisent pas quels partis ont voté pour ou contre. Ils ne décrivent pas la manière dont le financement annuel serait fixé, ni si des garanties d'indépendance éditoriale sont prévues, ni sur quoi repose le chiffre de 15 %. Ils ne nomment pas les partis d'opposition ni les organisations de journalistes concernés. Ils ne contiennent pas de réaction des directions de la Télévision tchèque ou de la Radio tchèque.
Note sur les sources : les articles d'Al Jazeera, du SCMP et de Reuters présentent des formulations très proches, ce qui laisse penser qu'ils proviennent d'une même dépêche d'agence. Seul un résumé de l'article de Reuters était disponible pour examen.
Analyse
Le projet de loi n'a franchi qu'une première étape, et l'examen en commissions pourrait encore en modifier les détails. Une question centrale est de savoir comment le financement sur le budget de l'État serait fixé chaque année, et si des garanties protégeraient l'indépendance éditoriale. Les partisans présentent ce changement comme un allègement pour les ménages et une incitation à l'efficacité. Les critiques y voient un risque de levier politique sur les médias audiovisuels. La grève prévue le 3 novembre et la manifestation de dimanche pourraient permettre de mesurer l'état de l'opinion. La manière dont les parlementaires traiteront les garanties et les niveaux de financement en commissions pourrait déterminer si les inquiétudes s'apaisent ou s'accentuent. Les articles examinés ne permettent pas d'évaluer avec certitude l'une ou l'autre issue.
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Sources (3) : Al Jazeera · South China Morning Post · Reuters
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Comité de vérification : Claude, GPT-5.6 Sol, Kimi · Verdict : approuvé. 35 affirmations vérifiées ; 35 (100 %) étayées par au moins deux relecteurs avec une preuve vérifiée. Titre étayé par 3 relecteurs sur 3.
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