Des manifestations anti-migrants tournent à la violence à Durban et à Soweto en raison d'une décision de justice sud-africaine sur l'asile
Des véhicules ont été incendiés à Durban et dans le township de Soweto, à Johannesbourg, et des commerces tenus par des étrangers ont été pillés à Durban. La colère porte sur une décision de justice qui a supprimé des obstacles procéduraux aux demandes d'asile.
Des manifestations anti-migrants ont tourné à la violence jeudi à Durban, ville côtière d'Afrique du Sud, et dans le township de Soweto, à Johannesbourg. Des véhicules ont été incendiés dans les deux endroits. Des commerces tenus par des étrangers ont été pillés à Durban.
Les troubles ont suivi des manifestations exigeant que les centres pour réfugiés cessent de traiter les demandes d'asile. Les protestations sont liées à une décision de justice qui a invalidé des dispositions excluant des personnes du système d'asile pour des motifs procéduraux, notamment l'entrée irrégulière dans le pays. Le gouvernement a déclaré que cette décision n'accorde pas automatiquement le statut de réfugié ni la résidence permanente.
Des coups de feu ont été entendus à Soweto, selon des médias sud-africains cités par DW et Reuters. DW a nommé la chaîne Newzroom Afrika.
Selon Al Jazeera, la commissaire nationale de la police par intérim, la lieutenante-générale Puleng Dimpane, a déclaré que 10 véhicules avaient été incendiés à Johannesbourg et 14 à Durban, et que trois personnes avaient été arrêtées à Durban. La police a indiqué que des commerces tenus par des étrangers avaient été contraints de fermer dans les deux zones, a rapporté Al Jazeera.
Selon DW, le porte-parole du Johannesburg Metropolitan Police Department, le surintendant Xolani Fihla, a déclaré dans un entretien à la télévision SABC qu'au moins neuf véhicules avaient été incendiés. « Il est rapporté qu'il y a eu des affrontements entre des ressortissants étrangers dans la zone et des ressortissants sud-africains », a-t-il déclaré, selon DW. « Pour le moment, je peux confirmer qu'aucun blessé n'a été signalé. »
Al Jazeera, citant un journaliste de Reuters, a indiqué que des habitants de Soweto ont emporté des produits d'épicerie d'un magasin qui, selon eux, appartenait à une personne originaire de Somalie, qu'ils ont chassée. Les habitants ont pris la fuite à l'arrivée de la police. À Durban, la police a tiré des balles en caoutchouc pour disperser des manifestants qui auraient incendié un commerce tenu par un étranger, selon des journalistes de l'AFP cités par Al Jazeera.
Selon Al Jazeera, la Cour constitutionnelle a rendu cette décision en juillet. Selon DW, elle a conduit des centaines de personnes à se rendre dans des centres pour réfugiés, dont certaines qui, selon les informations, ne remplissent pas les conditions pour obtenir l'asile. Selon Al Jazeera, le Comité interministériel sur les migrations du gouvernement a tenu jeudi un point presse urgent sur la surpopulation dans les bureaux d'asile.
L'Afrique du Sud a connu cette année des mois de manifestations anti-immigrés. Des dizaines de milliers de personnes ont fui. Environ un tiers de la population est au chômage.
Ce qui est contesté
Le nombre de véhicules incendiés à Durban diffère. DW en signale environ 10. Puleng Dimpane a avancé le chiffre de 14, selon Al Jazeera. Ces chiffres peuvent correspondre à des moments ou à des méthodes de comptage différents.
Ce que dit chaque partie
Le porte-parole du gouvernement, William Baloyi, a déclaré que de fausses informations sur la décision avaient déclenché les violences, selon Al Jazeera, qui l'a cité : « Nous sommes profondément préoccupés par ce qui se passe actuellement. » Les informations examinées par Vocemundi ne décrivent ni ces informations ni les éléments étayant cette affirmation.
Les manifestants s'opposent à la décision. Des groupes anti-immigrés affirment que les ressortissants étrangers sans papiers doivent partir ; DW cite une échéance au 30 juin, tandis qu'un titre d'Al Jazeera sur le sujet fait référence au 30 septembre. Des chercheurs en sciences sociales cités par DW affirment que les allégations selon lesquelles les migrants prennent des emplois, alimentent la criminalité et pèsent sur les services publics ne sont pas étayées par des éléments probants.
Les informations disponibles ne précisent ni le bilan des victimes à Durban, ni les organisateurs des manifestations, ni le nombre de participants.
Analyse
Ces troubles mettent en évidence une tension entre une décision de justice qui élargit l'accès aux procédures d'asile et la colère de la population dans des zones confrontées à un chômage élevé. Le gouvernement affirme que la décision est présentée de manière déformée, mais les informations disponibles ne montrent pas quelles informations ont circulé. Plusieurs évolutions sont possibles. Une communication officielle plus claire pourrait apaiser les tensions, ou la confusion pourrait continuer d'alimenter les manifestations. La surpopulation dans les bureaux d'asile pourrait, dans les deux cas, accroître la pression sur les autorités. La réponse de la police, et la question de savoir si le gouvernement présentera de nouvelles mesures, pourraient influer sur la suite des événements. Aucune de ces issues n'est certaine, et les informations disponibles n'indiquent pas laquelle est la plus probable.
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Sources (3) : Deutsche Welle · Al Jazeera · Reuters
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