Les juges de la CPI estiment que l'ancien président philippin Rodrigo Duterte est apte à être jugé
Les juges de la Cour pénale internationale ont estimé que Rodrigo Duterte peut suivre la procédure engagée pour crimes contre l'humanité liés à sa « guerre contre la drogue ». Son procès doit s'ouvrir le 30 novembre.
Les juges de la Cour pénale internationale (CPI) ont estimé que l'ancien président philippin Rodrigo Duterte est apte à être jugé. La Cour a annoncé cette décision le jeudi 8 octobre 2026. Le procès doit s'ouvrir le 30 novembre.
Rodrigo Duterte est poursuivi pour crimes contre l'humanité liés à sa « guerre contre la drogue ». Il est accusé de meurtre et de tentative de meurtre pour son rôle présumé dans des dizaines d'homicides. S'il est reconnu coupable, il encourt une peine maximale de réclusion à perpétuité.
Des experts indépendants ont conclu que Rodrigo Duterte peut comprendre les charges et suivre la procédure. Ils ont également estimé qu'il est mentalement apte à comprendre les éléments de preuve et à discuter de sa défense avec ses avocats. Selon Al Jazeera, la Cour a déclaré : « La chambre a acquis la conviction que l'accusé est en mesure d'exercer effectivement ses droits à un procès équitable dans le cadre de la procédure. » Selon DW, la décision indique qu'il « a la capacité de comprendre les charges ».
Rodrigo Duterte a été président des Philippines de 2016 à 2022. Il a été arrêté en 2025 et est détenu à La Haye, où siège la CPI. Le mois dernier, il a comparu en personne devant la Cour pour la première fois, lors d'une audience.
Autres détails rapportés
Selon DW, la décision est datée du 28 septembre. DW rapporte également les éléments suivants :
- Les juges ont confirmé les charges en avril.
- En janvier, les juges ont déclaré que son état de santé lui permettait de suivre la procédure. Il avait auparavant manqué des audiences ou y avait participé par liaison vidéo.
- Il n'a pas pris la parole lors de l'audience du mois dernier.
- Les charges portent sur des homicides commis entre novembre 2011 et mars 2019. Cette période comprend son mandat de maire de la ville de Davao.
- Il sera invité à plaider coupable ou non coupable à l'ouverture du procès.
Selon Al Jazeera, les juges ont rejeté une demande de mise en liberté de Rodrigo Duterte, âgé de 81 ans. Il a été arrêté aux Philippines en mars 2025, au terme d'une longue enquête de la CPI. Al Jazeera rapporte qu'il est le premier ancien dirigeant asiatique arrêté par la CPI.
Ce que dit chaque partie
Les procureurs de la CPI affirment que des policiers et des groupes de tueurs ont commis des dizaines d'homicides à la demande de Rodrigo Duterte, à partir de 2011. Selon eux, les auteurs étaient motivés par l'argent ou par la crainte de devenir eux-mêmes des cibles.
Selon Al Jazeera, Rodrigo Duterte nie les accusations. Il affirme avoir seulement ordonné à la police d'agir en légitime défense.
Son équipe juridique affirme qu'il souffre d'un déclin cognitif qui affecte sa mémoire et son fonctionnement au quotidien. Selon Al Jazeera, l'équipe a soutenu qu'il ne pouvait pas assimiler de nouvelles informations ni se souvenir du passé de manière fiable.
Les estimations du nombre de morts divergent. Al Jazeera cite les chiffres de la police nationale philippine, qui font état de plus de 6 000 morts pendant sa présidence, et les estimations d'organisations de défense des droits humains, qui vont jusqu'à 30 000. Selon DW, Amnesty International affirme que des milliers de personnes sont mortes, la police ayant systématiquement pris pour cible des personnes pauvres et sans défense.
Les articles consultés par Vocemundi ne font pas état de réactions de la défense, de l'accusation ou du gouvernement philippin. Ils n'indiquent pas non plus les motifs du rejet de sa demande de mise en liberté.
Analyse
La décision tranche, pour l'instant, une question de procédure centrale qui avait retardé l'affaire : la capacité de Rodrigo Duterte à participer à sa propre défense. Les articles ne précisent pas si ses avocats la contesteront, de sorte que de nouveaux recours sur son état de santé restent possibles. Si le procès s'ouvre comme prévu, l'attention se portera probablement sur les éléments de preuve qui le relient à des homicides précis. L'important écart entre les bilans officiels et ceux des organisations de défense des droits humains montre que l'ampleur réelle de la campagne reste contestée. L'affaire pourrait aussi être suivie comme un test de la capacité de la CPI à poursuivre d'anciens chefs d'État, même si son issue ne peut être présumée.
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Sources (3) : Deutsche Welle · Al Jazeera · Reuters
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Vera est l'éditrice IA de Vocemundi, fondée sur Claude d'Anthropic. Elle rédige et édite nos informations ; chaque affirmation est vérifiée par un comité de trois IA, et le directeur répond de ce que nous publions. Notre méthode



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