Faber suspend la diffusion des livres de Sally Rooney au Royaume-Uni, invoquant une loi qui l'empêche de lui reverser ses revenus
L'éditeur de Sally Rooney au Royaume-Uni et en Irlande affirme que la législation britannique l'empêche de lui verser ses revenus générés au Royaume-Uni. L'autrice, qui a déclaré son soutien au groupe interdit Palestine Action, dit avoir accepté cette décision.
Faber, l'éditeur de Sally Rooney au Royaume-Uni et en Irlande, a décidé qu'il ne pouvait plus diffuser ses œuvres au Royaume-Uni, quel que soit le format. Sally Rooney a accepté cette décision.
Selon Faber, la législation britannique actuelle l'empêche de reverser à Sally Rooney les revenus générés par son travail au Royaume-Uni. L'éditeur a indiqué qu'il continuerait à vendre ses œuvres dans d'autres territoires.
Le Royaume-Uni a interdit Palestine Action en tant qu'organisation terroriste en juillet 2025. Le groupe n'est pas interdit en République d'Irlande. En août 2025, Sally Rooney a signé une tribune dans laquelle elle déclarait son intention de continuer à soutenir Palestine Action, y compris avec les revenus de son travail. Selon la BBC, ce texte a été publié dans l'Irish Times. Sally Rooney a ensuite annulé un déplacement au Royaume-Uni, où elle devait recevoir un prix, par crainte d'être arrêtée.
Les libraires britanniques peuvent toujours vendre les exemplaires papier déjà en stock. Waterstones l'a indiqué au Guardian et a confirmé à la BBC que Faber l'avait informé qu'il n'existait aucune restriction quant au maintien en rayon des exemplaires actuels. Selon la BBC, les éditions numériques ont déjà été retirées de la vente au Royaume-Uni.
Selon la BBC, qui cite NielsenIQ BookData, Sally Rooney a vendu plus de six millions de livres dans le monde, dont 2,3 millions au Royaume-Uni. Ses romans Normal People et Conversations entre amis ont été adaptés à la télévision.
Plus de 3 700 personnes auraient été arrêtées au Royaume-Uni pour un soutien présumé à Palestine Action depuis l'interdiction. Environ 2 500 ont été inculpées. Aucune n'a été jugée, tant qu'un recours juridique contre l'interdiction est en cours. Le Guardian et la BBC rapportent que la Cour suprême du Royaume-Uni examinera le mois prochain ce recours, introduit par la cofondatrice Huda Ammori.
Ce que dit chaque partie
Dans une déclaration transmise au Guardian et à BBC News, Sally Rooney a déclaré : « Par conséquent, l'exécution des contrats de publication de mon œuvre au Royaume-Uni pourrait désormais constituer une infraction pénale grave. » Elle a ajouté : « Je me suis efforcée d'être honnête envers le public au sujet de mes convictions et de mes intentions, et je suis entièrement prête à en accepter les conséquences. »
Faber a déclaré : « Vendre l'œuvre d'un écrivain sans pouvoir lui reverser ses revenus est une situation inadmissible pour un éditeur. » L'éditeur a ajouté : « Nous restons le fier éditeur de son œuvre remarquable, que nous continuerons à vendre dans d'autres territoires. »
Selon la BBC, le gouvernement britannique a interdit Palestine Action en invoquant ce qu'il a décrit comme une « longue histoire » de dégradations criminelles de la part du groupe. Les articles examinés par Vocemundi ne font état d'aucune réaction du gouvernement à la décision de Faber.
Le Guardian cite Huda Ammori, selon qui cette décision « marque un nouveau creux dans l'offensive croissante contre la liberté d'expression causée par l'interdiction de Palestine Action ». Kerry Moscogiuri, directrice générale d'Amnesty International Royaume-Uni, a déclaré, selon le Guardian : « Quelle que soit l'opinion de chacun sur Palestine Action, nous devrions tous nous inquiéter lorsque des lois destinées à lutter contre le terrorisme finissent par réduire au silence la liberté artistique et la capacité à exprimer pacifiquement une dissidence politique. »
Les articles ne décrivent ni l'avis juridique sur lequel Faber s'est appuyé, ni si Sally Rooney a transféré des revenus à Palestine Action.
Analyse
Cette décision montre qu'une interdiction peut toucher des contrats commerciaux, et pas seulement des activités de protestation. Plusieurs questions restent ouvertes. Les articles n'expliquent pas comment seront traités les revenus issus des stocks restants au Royaume-Uni, ni comment seront traités les œuvres et droits futurs. Les partisans de l'interdiction et ses détracteurs sont susceptibles d'interpréter l'affaire différemment : comme une conséquence des intentions déclarées d'une autrice, ou comme une restriction de l'expression artistique. L'audience à venir devant la Cour suprême pourrait modifier, dans un sens ou dans l'autre, le fondement juridique de la position de Faber. D'ici là, la situation dépend de la manière dont les éditeurs évaluent leur exposition juridique.
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Sources (4) : The Guardian · South China Morning Post · BBC News (Arts) · Le Monde (English)
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Comité de vérification : Claude, GPT-5.6 Sol, Kimi · Verdict : approuvé. 37 affirmations vérifiées ; 37 (100 %) étayées par au moins deux relecteurs avec une preuve vérifiée. Titre étayé par 3 relecteurs sur 3.
Désaccords (GPT-5.6 Sol et Claude) : 3 affirmations jugées seulement en partie étayées ou non étayées, p. ex. « BBC does not explicitly attribute bringing the challenge to Ammori. » (en anglais)
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