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Culture

Sanrio, créateur de Hello Kitty, met fin à sa collaboration avec Vivant après une vague de critiques en Chine contre une série d'espionnage

Sanrio a mis fin à une collaboration de produits dérivés avec Vivant, série d'espionnage japonaise de TBS, après que des médias d'État et des internautes chinois ont critiqué des scènes montrant des agents chinois torturant un agent japonais.

Photo d'archives : magasin Sanrio au Westfield San Francisco Centre, en Californie
Photo d'archives : magasin Sanrio au Westfield San Francisco Centre, en Californie — Photo: BrokenSphere / CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons

Sanrio, l'entreprise japonaise à l'origine de Hello Kitty, a mis fin à une collaboration de produits dérivés avec Vivant, une série d'espionnage diffusée sur la chaîne japonaise TBS. Cette décision fait suite à une vague de critiques en Chine contre la série.

Sanrio a annoncé sa décision dans un communiqué tard mercredi. The Guardian a rapporté que le communiqué avait été publié sur le réseau social chinois Weibo. Selon le South China Morning Post (SCMP), Sanrio met fin à la collaboration en cours ainsi qu'à tous les projets futurs et campagnes promotionnelles qui y sont liés.

La BBC a cité le communiqué en ces termes : « Nous prenons très au sérieux les retours que nous avons reçus concernant cet incident. À l'avenir, nous renforcerons nos processus d'examen pour tous les futurs projets de collaboration. » La BBC et The Guardian ont indiqué que Sanrio avait présenté des excuses. Les passages qu'ils citent ne contiennent pas de formule d'excuse explicite.

Vivant suit un salaryman japonais entraîné dans le crime international et l'espionnage. La série a été lancée en 2023. Sa première saison se déroulait dans un pays fictif d'Asie centrale. Sa deuxième saison a débuté en juillet. Cette saison comprend des scènes dans lesquelles des agents chinois torturent un agent japonais, notamment en le poignardant à l'abdomen. Selon The Guardian, la scène a été diffusée dans l'épisode du 4 octobre. The Guardian décrit également Vivant comme une série Netflix.

Des personnages de Sanrio, dont My Melody et Cinnamoroll, figuraient sur des produits dérivés à l'effigie de Vivant. Selon la BBC, Hello Kitty et d'autres personnages apparaissaient habillés comme des personnages de la série.

Les médias d'État chinois, dont CCTV et le Global Times, ainsi que des internautes chinois ont critiqué la série. Les relations sino-japonaises sont tendues depuis que la Première ministre japonaise Sanae Takaichi a laissé entendre en novembre qu'une attaque chinoise contre Taïwan pourrait entraîner le déploiement des Forces d'autodéfense japonaises. Sanae Takaichi a déclaré avoir enregistré des épisodes de Vivant pour les regarder pendant les fêtes de fin d'année. The Guardian, citant des médias chinois, a rapporté que Sanrio avait tiré 781 millions de yuans (117 millions de dollars) du marché chinois au premier semestre de cette année.

Les points contestés

Les articles divergent sur les détails de la scène de torture. La BBC a indiqué que des agents coupent les doigts de l'espion. The Guardian a indiqué qu'un agent chinois sectionne les doigts de l'officier. Ils divergent aussi sur le fait qu'un seul ou plusieurs personnages japonais soient torturés. La raison invoquée par Sanrio apparaît également sous des formulations différentes. Les articles ne précisent pas s'il s'agit d'une question de traduction ou de communiqués distincts.

Ce que dit chaque partie

Sanrio a déclaré que la série « contenait des éléments incompatibles avec les valeurs fondamentales de Sanrio », selon la BBC. Le SCMP a cité l'entreprise évoquant un contenu qui « ne s'aligne pas sur la philosophie d'entreprise du groupe Sanrio ».

CCTV a accusé la série de « salir délibérément » Pékin, selon le SCMP. Le Global Times a déclaré que Hello Kitty « ne devrait pas danser avec la droite japonaise », a rapporté la BBC.

Le président de TBS, Masamine Ryuho, a déclaré que la série est entièrement fictive et n'avait aucune intention de « dénigrer un pays en particulier », selon la BBC.

Les articles ne font état d'aucune réaction de TBS ou de Netflix à la décision de Sanrio.

Analyse

Cette affaire montre comment des partenariats dans le divertissement peuvent se retrouver liés à des tensions diplomatiques plus larges. La décision de Sanrio est intervenue quelques jours après que plusieurs marques chinoises ont rompu avec le footballeur Kylian Mbappé en raison de propos sur Mao Zedong. Reuters a présenté cet épisode comme le deuxième incident récent illustrant l'équilibre que les entreprises étrangères doivent trouver sur le marché chinois. Une issue possible est un examen plus prudent des contenus créatifs par les entreprises ayant un large public dans plusieurs pays. Une autre est un regain de débat au Japon sur la pression commerciale exercée sur la fiction. Les articles examinés par Vocemundi ne montrent pas comment les consommateurs ou les gouvernements réagiront ; tout effet durable reste donc incertain.

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